Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 11:08
Bouleversons un peu le programme établi et parlons d'un logiciel dédié à l'impression, Qimage de ddisoftware téléchargeable chez l'éditeur. La version d'essai est pleinement fonctionnelle et ce pendant 30 jours. Ce logiciel, très puissant, est doté de nombreuses fonctionnalités très intéressantes en plus des possibilités de mise en page. Impossible de toutes les citer, insistons seulement sur une parfaite gestion des couleurs, le softproofing, des algorithmes d'interpolation très performants et la possibilité d'imprimer des panoramas en outrepassant les limites de taille d'impression imposées par les pilotes d'imprimantes.

Attention toutefois, Qimage n'est pas un RIP, il ne se substitue pas au pilote de l'imprimante qui est appelé par le logiciel et dont la présence reste indispensable au bon fonctionnement de la chaîne d'impression. De plus, Qimage n'est disponible que sous Windows. Les utilisateurs d'OS X ou de Linux peuvent utiliser un logiciel de virtualisation comme Virtualbox par exemple.

Qimage se décline en trois versions à partir du même programme. Les fonctionnalités ouvertes dépendent simplement de l'introduction du numéro de série correspondant à la version acquise :


 - Lite Edition: $34.95
 - Professional Edition: $49.95
 - Studio Edition: $89.95 

J'ai acquis la version Pro qui ne donne pas accès au traitement des raw ou aux possibilités d'utiliser les fonctionnalités des processeurs dual core pour accélérer les impressions. Elle donne toutefois accès au softproofing et à la plupart des algorithmes d'interpolation. Au coût actuel du dollar, c'est plutôt avantageux  Et puis les mises à jour sont fournies "à vie". Les upgrades de licence sont facturés à la différence de prix. Donc si je prenais maintenant la version Studio, je ne payerais que 40 $ !

Bien sûr, cet article n'est pas un mode d'emploi ou un tutoriel exhaustif, ce serait bien trop long, mais allons-y
Au premier abord, l'interface apparaît assez rébarbatif : la manipulation de la partie mise en page ne m'est pas vraiment intuitive. Il faut aller au delà de cette impression, Qimage en vaut la peine.

Nous allons donc détailler la création d’un template (comme dans l’article sur Lightroom), la gestion des couleurs et le softproofing, puis comment imprimer un panorama.

 

En lançant Qimage, l’écran suivant s’affiche :

 


Une icône template s’affiche en bas des miniatures, il faut double cliquer dessus pour en créer un nouveau, une zone rouge se dessine alors sur la zone de disposition sous la barre nommée du nom de l'imprimante sélectionnée.


Double cliquer une seconde fois fait apparaître une deuxième zone rouge. Ces zones représentent les emplacements des images. Comme ci-dessus, cliquer à droite sur ces zones et sélectionner "Edit Page" fait apparaître la fenêtre d'édition du template. Il est alors possible de déplacer et redimensinner les zones d'images :


Cliquer sur le bouton "Done" et sauvegader le template en lui donnant un nom. Fermer et redémarer Qimage. Dans le menu "File", sélectionner "Recall" et charger le template nouvellement créé.



Il n'y a plus qu'à faire un glisser-déposer des photos sur les zones où l'on veut les voir.


Cliquer sur le dernier petit bouton (avec une loupe) à droite relance l'édition de la page. On peut à nouveau modifier la disposition, et même zoomer et recadrer les images indépendamment l'une de l'autre :


Et on peut même faire ici le fameux softproofing, apanage du luxueux Photoshop en cliquant sur le bouton "Soft Proof". Regardez bien la barre de titre bleu-gris :



Lorsque la création de la page est terminée, on entre dans la partie "Job properties" où l'on a accès à la gestion des couleurs :


Les valeurs de résolution correspondent aux valeurs optimales du modèle sélectionné. Elles sont modifiables.

La gestion des couleurs est complète (on a vu le softproofing), elle intègre aussi le profil moniteur (ici un écran de portable non calibré). Au changement de profil écran, une fenêtre s'ouvre pour vous demander si vous souhaitez prendre en compte ce nouveau profil dans Qimage.


Cela dit, prendre en compte le profil écran installé au niveau système sans se poser de question serait peut-être encore plus simple. Donc, autant cocher la petite case en bas à gauche.   

Enfin, cliquer sur le bouton "Print" lance le pilote de l'imprimante.

Pour l'impression de panoramas, il faut tout d'abord s'assurer que votre pilote d'imprimante comporte bien une option rouleau ou bannière. Qimage, utilisant les fonctions du pilote, ne pourra pas le faire sans cela.


Si c'est le cas comme ici, il va donc pouvoir être possible d'outrepasser la limite de longueur imposée par le pilote, par exemple 44" (~ 1,1m), en demandant à Qimage d'imprimer en 13" par 50" (~0,33 par 1,3 m).


Qimage va détecter que que la taille choisie est supérieure à une seule page et demande alors si l'on souhaite imprimer sur plusieurs pages. Bien sûr il faut cliquer sur "Yes" :


En effet, Qimage permet d'imprimer sur 1 page en largeur et 2 pages en hauteur. Ainsi, dans notre exemple où le pilote limite à 44", Qimage va imprimer une première page de 13x44" et une seconde de 13x6" et comme on a bien spécifié "rouleau" dans la configuration d'impression, les deux pages s'impriment en continu sans rupture.

Qimage n'est pas un RIP, il ne permet pas le pilotage matériel de l'imprimante. Alors est-il vraiment indispensable? Ce sera une réponse de normand : oui et non.

Si vous faites des panoramas et que vous n'aimez pas faire du collage , Qimage est fait pour vous.
Si vous avez besoin d'algorithmes d'interpolation plus performants que ceux de Photoshop pour des images difficiles, Qimage est fait pour vous.

Mais pour ses seules capacités de mise en page, peut-être bien que non. Il faut dire que les logiciels de traitement habituels disposent de possibilités suffisantes dans la plupart des cas (cf. mon précédent article sur Lightroom).

Dans le prochain article, nous verrons à ce propos le plugin Epson Print pour Photoshop et Elements qui offre lui aussi des possibilités très intéressantes et gratuitement, à condition bien sûr d'être équipé d'une imprimante Epson A3.  

A bientôt   

Par PAG - Publié dans : Impression
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 08:31
Indispensable au tireur exigeant et malheureusement absent de Lightroom (mais que fait donc Adobe ? ), l'épreuvage reste l'apanage du superfétatoire Photoshop !

Donc, pour les heureux qui peuvent y avoir accès, l'épreuvage ou proofing, reste le meilleur moyen de vérifier le rendu d'une impression sans gâcher ni encre ni papier.

En quoi consiste donc cette opération appelée softproofing du fait d'un raccourci malencontreux ? C'est que que nous allons voir maintenant.

Il existe deux sortes d’épreuvages :

 

- le softproofing ou épreuvage écran, consiste donc à simuler à l’écran le rendu d’un tirage papier. Bien sûr, l’écran doit être correctement calibré !

- le hardproofing ou épreuvage d’imprimante, consiste à simuler une impression sur une imprimante que l’on n’a pas.


Le softproofing :
 
 

Accessible dans le menu « Affichage > Format d’épreuve > Personnalisé » :  

la boîte de dialogue suivante s’ouvre :

  

Dans un premier temps, les conditions d’épreuve personnalisée comportent « Personnalisé ». Le nom « set ilford » qui y figure ici est donné au moment de l’enregistrement.

 

Dans Périphérique de simulation, mauvaise traduction de l’anglais qui devrait être Périphérique à simuler, il faut mettre le profil icc du papier que l’on veut simuler (ici de l’Ilford Galerie Smooth Pearl calibré pour les encres Conecolor - voir le 1er lien à gauche).

 

Ne pas cocher « conserver numéros RVB ».  Cette option aurait pour effet de transmettre à l’écran les valeurs RVB du fichier sans aucune interprétation par le profil !

 

Indiquer dans le mode de rendu, le même mode que celui avec lequel on réalisera l’impression (ici colorimétrie relative avec compensation du point noir).

 

Et bien sûr, il faut cocher « Simuler la teinte du papier », papier qui apporte sa propre référence du blanc. En effet, le point blanc du papier est décrit dans le profil ce qui permet de réajuster l'ensemble des valeurs par rapport à cette référence.

 

Cliquer sur Enregistrer pour lui donner un nom. On peut répéter l’opération autant de fois que l’on a de papier à tester.

Cela étant fait, et l’image étant ouverte dans Photoshop,  on choisi par le même menu Affichage > Format d’épreuve les conditions que l’on souhaite tester :


Il suffit ensuite de passer d’un affichage à l’autre en tapant Crtl/Y, ou bien on peut ouvrir 2 fois la même image et en passer une en softproofing (la barre de titre indique si l’on est en affichage normal ou d’épreuvage, ici à gauche « set harman » indique la simulation de l’excellent Harman Gloss FB Al) :


Les différences visuelles peuvent être corrigées à l’aide de calques de réglages avant l’impression définitive.

 


Le hardproofing :

 

Il comporte une étape supplémentaire. Dans un premier temps, on va donc définir des conditions d’épreuvage comme pour un écran. Cette fois, je lui ai donné un nom différent « Epreuve FOGRA27 CMJN », ceci pour simuler une presse d’imprimerie avec mon imprimante jet d’encre.

 

La suite se passe dans le menu Imprimer et qui doit se paramétrer comme dans la capture ci-dessous :


Cette fois, ce n’est plus une impression normale, donc au lieu de « Document », on sélectionne « Epreuve ».

 

Le profil de l’imprimante reste le profil du papier que l’on utilise réellement et dans « Format d’épreuve » (qui n’est plus grisé) on choisi le nom des conditions d’épreuvage Epreuve FOGRA27 CMJN. On coche bien sûr « Simuler la teinte du papier ».

 

En cliquant sur imprimer, on simulera le tirage d’une presse fonctionnant dans l’espace  CMJN FOGRA27 !


   A bientôt pour la suite ..... 
Par PAG - Publié dans : Impression
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Dimanche 9 août 2009 7 09 /08 /Août /2009 15:27
Et oui, c'est la trêve estivale et personnellement, j'aurai bien continué à ne rien faire

Alors voilà, maintenant que l'on a fait plein de photos, il va falloir en faire quelque chose et pour certaines, les imprimer.
Pour cela, nos outils favoris disposent d'un menu "imprimer" qui offre plus ou moins de possibilités. Certains peuvent même offrir un mode de mise en page qui permet d'imprimer plusieurs photos sur une même feuille de papier.

Nous allons, lors des quelques articles qui vont suivre, nous pencher sur des outils permettant des impressions plus sophistiquées que le simple appel du pilote de l'imprimante.

Nous verrons successivement un plugin Epson destiné à Photoshop et Photoshop Eléments puis un logiciel dédié à l'impression, Qimage, qui offre un moteur d'interpolation plus étoffé que Photoshop.

Pour commencer cette nouvelle série, parlons un peu de Lightroom. Les utilisateurs ont déjà remarqué un problème dans les possibilités de mise en page du module impression. 

Un certain nombre de modèles sont disponibles avec plusieurs vues possibles sur une même page mais elles reproduisent toutes la même photo.  

Il existe une astuce qui permet de mettre plusieurs photos différentes sur une même feuille. Cette astuce a été donnée sur un forum dont vous pourrez lire l'intervention originale, au commentaire 8, en cliquant sur
ce lien.



Je vais essayer de décrire cela en français. Pour ce faire, dans le module d'impression, sélectionnez un modèle de l'explorateur de modèles (à gauche de l'écran) muni de plusieurs cadres. Par exemple le premier,  (1) 4×6, (6) 2×3, fera l'affaire comme sur la copie d'écran.

Ce modèle affiche une grande cellule en haut et 3 rangées de deux cellules en dessous.

Si on laisse comme ça, les 7 cellules seront remplies avec la même photo.



En cliquant sur le +, on va créer un nouveau modèle qui viendra se mettre dans les "Modèles utilisateur".

Donnez lui un nom, par exemple comme ici "multi images". Clic à droite sur ce nom et, comme dans la copie d'écran, choissisez "Afficher dans l'explorateur".
Une nouvelle fenêtre s'ouvre sur le répertoire "user templates". Il n'y a plus qu'à cliquer à droite sur le nom du fichier "multi images.lrtemplate" et choisir ouvrir. Comme aucun programme n'est associé, il va falloir choisir dans la liste un éditeur de texte, par exemple bloc-notes. 



Le texte du code s'affiche devant vous. Il faut rechercher les deux lignes de code où figure "oneImagePerPage" et remplacer le texte true par false. En principe la première est bonne, c'est la seconde qui comporte la mauvaise valeur. La copie d'écran ci-dessus montre ce qui doit figurer sur les deux lignes.

Sauver le fichier en quitant le bloc-notes. Fermez Lightroom et relancez-le. Vous pouvez désormais, en choisissant ce modèle et en cliquant à droite de l'écran, dans la palette cellules sur le bouton "effacer la disposition", mettre plusieurs photos différentes sur une même feuille, comme ci-dessous :


Attention toutefois, si vous sélectionnez les images dans la bande film, elles rempliront les cases dans le même ordre où elles y figurent. Pour éviter cela, il ne faut pas les sélectionner mais faire un simple glisser-déposer sur la feuille. Vous pourrez alors les mettre dans l'ordre que vous voudrez, déplacer et modifier la taille des cellules comme vous le voudrez.

Have fun   




Par PAG - Publié dans : Impression
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 14:10


La voie royale de la photo d'architecture passe par les ojectifs à décentrement et à bascule. Les grands opticiens comme Nikon proposent à prix d'or de tels objectifs qui corrigent à merveille les distorsions dues à la parallaxe de la prise de vue. 

Pour mieux comprendre ces problèmes de parallaxe, voici un schéma très explicite issu d'un excellent article de Wikipédia


Le cas le plus classique est celui de la contre-plongée qui allonge les dimensions en les faisant fuir vers le haut.

A noter que la plongée fait exactement l'inverse.

Ces deux cas, la plongée et la contre-plongée, se rencontrent également en photo de studio où l'on allonge ou raccourci les jambes du modèle sans trop le vouloir.

Enfin, quelques fois c'est voulu, mais pas toujours et pas toujours de manière esthétique. 

Alors comment faire pour corriger ce défaut sans avoir à utiliser un de ces coûteux objectifs ?



Il existe heureusement des moyens de s'en sortir en post-traitement, mais il faut apprendre à les utiliser avec précaution. Prenons le cas le plus fréquent de la contre-plongée : en causant un allongement des pixels, ces procédés vont conduire à une dégradation de l'image qu'il faudra maîtiser.

Exemple :


Nous allons utiliser en premier lieu le filtre correction de l'objectif de Photoshop sur une image d'exemple dont nous reparlerons plus tard. Cette image est prise sur le parvis d'une jolie chapelle dont le clocher n'a aucune chance de se trouver droit sur la photo sans pratiquer la lévitation

Comme on le voit à gauche, ce filtre se trouve dans l'item Déformation.



En jouant sur les curseurs de perspectives verticales et horizontales, on obtient ce résultat



C'est déjà mieux, mais on constate, dans le haut, un écrasement de l'image qui retire beaucoup d'élégance à notre clocher et qu'il n'est pas possible de corriger à partir de ce filtre pourtant très utile mais pas universel.


Pour notre deuxième essai, nous allons sélectionner toute l'image et aller dans le menu édition vers l'item Transformation.

Pensez aussi à activer l'affichage de la grille qui aidera bien pour contrôler la verticalité.

Parmi les choix, prenons Perspective comme indiqué à gauche et, toujours avec notre image, nous allons pouvoir agir sur les coins en maintenant le clic et en déplacant la souris.

 

On arrive rapidement au résultat ci-dessous





C'est déjà mieux en terme d'équilibre mais on voit toujours un écrasement du haut de l'image.

Les parties devenues blanches donnent aussi une idée de la nécessité de cadrer assez large pour pouvoir recadrer sans perdre des détails de l'image utiles à la bonne composition du sujet.

Un dernier essai, pour corriger l'écrasement du haut va être tenté toujours dans l'outil de transformation.











Revenons un peu plus haut sur la capture de ce menu où figurent deux autres outils intéressants : Homothétie et Déformation 

En combinant les deux, on va rattraper l'écrasement du haut mais, et c'est là qu'il faut bien doser, on va du même coup provoquer l'allongement des pixels vers le haut ce qui risque rapidement de dégrader la qualité de l'image.




Pour la fin, voici une bonne nouvelle pour ceux qui n'ont pas accès au luxueux Photoshop. Il existe un logiciel gratuit écrit par un allemand, Marcus HEBEL. Ce logiciel est un freeware, il s'appelle ShiftN et est disponible ici en version 3.5.
 
L'image qui a servi de base à cet article est fournie avec ShiftN en sample. Voici un exemple d'utilisation de ce logiciel très bien fait et qui corrige les perspectives automatiquement. Le résultat ne sera pas aussi parfait qu'avec Photoshop mais il est gratuit et très facilement utilisable. Merci à son auteur

  

A bientôt

Par PAG - Publié dans : Dévelopement & retouche
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 12:55
Voilà une question intéressante ! Après la théorie, il est grand besoin d'une marche à suivre débarrassée des principes, intégrés souvent trop rapidement par les utilisateurs que nous sommes. Sans parler des forums qui véhiculent des idées pré-conçues et des affirmations aussi fausses qu'anciennes.

Voilà bientôt un an que je parcours des forums dédiés à la photographie, j'y vois toujours les mêmes questions - "qu'est-ce que les profils icc ? Comment les utiliser ? Faut'il les refaire souvent ?"  - et la plus représentative "Si j'ai fait un profil pour mon écran, ne dois-je pas l'utiliser aussi pour mon imprimante afin qu'elle reproduise ce que j'ai à l'écran ?".

Non bien sûr, le propre de la gestion des couleurs est d'offrir une norme de résultat aux différents outils permettant de capturer ou de reproduire une image. Ainsi, chaque périphérique peut être calibré indépendamment des autres et l'ensemble, calibré en fonction de la même norme mais avec des méthodes différentes, devient cohérent dans la reproduction des couleurs.

Un écran et une imprimante ont des fonctionnements très différents. L'écran travaille en RVB et émet sa propre lumière alors que l'imprimante travaille en CMJN (les couleurs des cartouches d'encre) et le papier ne fait que réfléchir la lumière et ne l'émet pas ! Ces différences expliquent que les profils doivent adapter des paramètres très différents et ne peuvent donc être interchangeables.

Commençons donc comme je l'ai écris
ici naguère par le calibrage de l'écran. Là, deux possibilités existent encore, l'écran est soit un CRT, soit un LCD et certains paramètres doivent être différents. La technologie CRT est en fin de vie, il n'en existe quasiment plus de neufs et ceux qui restent encore en état serons bientôt remplacés par les LCD avec, n'en doutons pas, les plus grandes satisfactions. En raison du fait que l'écran émet sa propre lumière, il est sujet au vieillissement de ses composants et de ce fait, le calibrage doit être effectué régulièrement pour en tenir compte. Avec les vieux CRT, il est même possible d'avoir à le refaire plusieurs fois par jour tant cette technologie devient peu fiable en arrivant en fin de vie. Pour ce qui suit, je considèrerai que l'écran est un LCD.

 En premier lieu, il faut stabiliser l'écran en le laissant allumé au moins une heure avant de commencer le calibrage. Ensuite, il faut considérer le fait que l'on veuille faire soi-même ses tirages ou les faire faire par un labo.
Dans le premier cas, la température proximale de couleur du point blanc et sa luminance doivent être adaptées à cet usage précis puisque l'on va chercher à comparer le tirage par rapport à l'image vue sur l'écran.

Dans ce but, les paramètres cibles demandés par le logiciel de calibrage doivent être proches de ceux-ci :
- température proximale de couleur du point blanc : 5800 °K (ce peut être 5500 ou 6000 si le logiciel ne permet pas d'autre choix - dans le cas d'un CRT il est souvent préférable de choisir "natif").
- la luminance du point blanc : entre 90 et 100 cd/m². Plus n'est pas souhaitable.
- la luminance du point noir : minimum ou natif (suivant le logiciel). Il ne faut pas chercher à donner une cible numérique comme 0,2 cd/m² par exemple, les noirs des écrans actuels sont bien trop bas pour être discernables et les sondes seraient incapables de les adapter correctement. Mieux vaut laisser le moteur conversion (en général ACE) faire son travail. 
- la courbe de gamma : suivant les possibilités du logiciel, on peut demander L* ou 2,2 (il faut absolument oublier 1,8 même sur MAC). L* est une courbe qui s'adapte mieux à la physiologie de l'oeil, mais il n'y a pas de vérité absolue dans ce domaine.

La recherche de luminance du point blanc appelle des commentaires. En effet, beaucoup de LCD actuels sont capables de contrastes démesurés et sont souvent réglés très (trop) lumineux. La norme parle d'un contraste de 100/1, dans la pratique on est plutôt pour la photo à plus de 200/1, toujours très loin des contrastes proposés comme 3000/1. Avec de tels écrans il faut baisser la luminosité parfois jusqu'au minimum pour permettre un bon calibrage ! Et si par hasard le minimum est encore trop lumineux, il existe des petits logiciels gratuits comme DarkAdapted qui feront l'affaire.

Les logiciels de calibrage proposent au début un pré-étalonnage de l'écran en demandant d'agir sur les réglages de luminosité, de contraste et des canaux RVB. C'est souvent contradictoire avec le bon résultat à obtenir.

Alors comment faire ? Les logiciels proposent toujours d'outrepasser ces étapes ne serait-ce qu'en cas d'absence de réglages sur l'écran. C'est la bonne solution qui permet de passer directement à l'étape de création du profil.

Donc la marche à suivre se résume comme suit : 
- débarrasser l'affichage de tout profil existant, restaurer les paramètres usine de l'écran.
- baisser la luminosité de l'écran jusqu'à approcher visuellement la valeur souhaitée (et quelquefois baisser au minimum !),
- baisser le contraste( entre 70 et 80 % ) 
- les canaux RVB à leur valeur native (réglés à 100 % - après et en fonction des résultats il faudra si besoin baisser un peu les valeurs pour que la carte graphique ne surcorrige),
- entrer les valeurs cibles données ci-dessus,
- passer directement à la création du profil.

Un rapport de calibrage va, à la fin du processus, nous donner les valeurs mesurées par rapport aux valeurs demandées (cibles) et des deltaE des différentes couleurs ; un deltaE moyen inférieur à 1 est excellent et devient mauvais à partir de 3 (les dérives de couleurs deviennent alors vraiment visibles).



Partant donc de notre écran correctement calibré, comment demander à notre imprimante de respecter les couleurs que nous voyons ? C'est ce que nous allons demander à notre logiciel de retouche qui a la bonne idée de prendre en compte le profil de l'écran pour l'affichage de nos belles images.

Une fois retouchée, l'image doit pouvoir être envoyée à l'impression sans qu'elle subisse d'altérations nouvelles au niveau des couleurs. Pour ce faire, il faut bien sûr que le papier que l'on utilise dans notre imprimante restitue les couleurs selon la même norme que celle qui nous a servi à calibrer l'écran. Il faut donc qu'il existe des profils caractérisant la capacité du papier à restituer ces couleurs. Ces profils sont généralement fournis par les fabricants de papiers en fonction des différents modèles d'imprimantes (en réalité, c'est surtout en fonction des encres des constructeurs !), c'est ce que l'on appelle les profils génériques. On peut en trouver à ces adresses (liste non exhaustive) :
http://www.ilford.com/profiles/index_fr.asp?type=profile
http://www.hahnemuehle.com/site/fr/352/profils-icc.html
http://www.innovaart.com/fr/profils-icc.html
http://www.harman-inkjet.com/profiles/page.asp?n=154

L'accès à ces ressources nécessite souvent de saisir un code de type user/mot de passe, il suffit donc de s'enregistrer sur le site pour l'obtenir.

Bien sûr, si l'on utilise les papiers fournis par le fabricant de l'imprimante, les profils sont intégrés au pilote de l'imprimante ou installés en même temps que lui, sans qu'il soit besoin d'aller les chercher sur internet.

Il arrive que l'on ne trouve pas de profil générique pour son papier ou pour son imprimante, ou encore que l'on utilise d'autres encres que celles du fabricant de l'imprimante. Dans ces cas, il faut pouvoir faire faire un profil personnalisé par un prestataire, ou acquerir un spectro pour le faire soi-même. J'ai d'ailleurs choisi de les faire faire puisque je n'utilise plus les encres d'origine.


Voici deux bonnes adresses :
http://www.couleur-icc.com/
http://www.cmp-color.fr/index.html

Ces prestataires, en échange des mires imprimées que vous leur aurez retournées par la Poste (ainsi que quelques euros ), vont vous fournir plusieurs profils correspondant aux diffrérentes lumières auxquelles vos tirages peuvent être exposés (ce que l'on appelle des illuminants). Celui qui indique D50, ce qui correspond à l'appellation normalisée de la lumière du jour, est celui que je vous conseille d'utiliser si vos tirages sont destinés à être exposés à la lumière ambiante du jour. 

Une fois le profil du papier obtenu, il faut l'indiquer au logiciel de retouche en indiquant bien que les couleurs sont gérées par l'application et non par l'imprimante.

Dans Ligthroom comme dans Photoshop, cela se fait comme ça :




























A noter que Ligthroom active systématiquement la compensation du point noir. C'est indispensable en colorimétrie relative et inutile en mode perceptif qui l'intègre par principe donc c'est a priori sans danger et sans influence, mais certains auteurs ne le conseille pas.

Dans le pilote de l'imprimante, il faut absolument veiller à désactiver toute gestion des couleurs :



Vous voilà maintenant prêt à faire de beaux tirages fidèles aux couleurs de l'écran
 

 
                
Par PAG - Publié dans : Calibrage
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  • Photographe amateur, mais spécialisé dans l'impression jet d'encre, le calibrage d'écrans et la gestion des couleurs.

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